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        DECHETS NUCLEAIRES

              RADIOACTIFS

 

                EFFETS SUR L'HOMME

 

 

Pour débuter il est important de préciser que la radioactivité existe déjà à l’état naturel. Elle est appelée radioactivité naturelle mais la radioactivité issue des activités humaines est très largement supérieure à la radioactivité naturelle. De plus il est important de préciser que  l’on  peut être victime des effets de la radioactivité issue des déchets nucléaires sans être à proximité d’un site de stockage ou de production ou en contact avec des matériaux contaminés. 

 

Les possibilités de contamination par des déchets nucléaires sont multiples. Les principales formes de contamination sont les suivantes :

 

L’irradiation: elle résulte d’une exposition à un rayonnement ionisant* issu des déchets nucléaires (C'est souvent le cas des employés en contact régulier avec le nucléaire ou des populations proches des centres de stockage.)

 

La contamination externe:  elle peut toucher n’importe quel individu car elle survient par contact des élément extérieurs radioactifs comme la pluie, le vent, les bâtiments... (le vent par exemple est responsable du déplacement du nuage de Tchernobyl). Il y a aussi l’exemple de jeunes taïwanais contaminés par les rayonnements gamma émis par l’acier des bâtiments où ils habitaient.

 

La contamination interne: Il s’agit d’une contamination par absorption ou inhalation d’éléments radioactifs. Elle peut donc toucher toutes les populations, quelque soit leur lieu de vie. Ce type de contamination devient de plus en plus fréquent avec l'essor des échanges internationaux (les produits contaminés sont plus difficiles a suivre).

 

                                                                                 

Voici, par exemple, une chaîne possible de contamination de l’homme par la radioactivité de déchets nucléaires :

 

Un centre de stockage de déchets est situé a proximité d'une rivière. La rivière est contaminée par la radioactivité issue des déchets. Les poissons vivant dans la rivière sont alors contaminés par l'eau de celle-ci. Après avoir consommé ce poisson, l'homme est a son tour contaminé.

 

Autre exemple  de chaîne de contamination :

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

 

On peut alors se demander si cette radioactivité largement supérieur à la radioactivité naturelle des éléments peut être dangereuse pour l'homme et son environnement.

 

 

Comme tout problème de santé publique et comme souvent en France, il existe deux camps qui ont, bien entendu, des avis opposés sur la question.

 

Les organismes non gouvernementaux ainsi que les associations de particuliers sont généralement anti-nucléaires (citons, entres autres, Greenpeace, la Criirad, l'association "Sortir du nucléaire", …)

De l'autre coté, on peut citer le CEA (Commissariat de l'Énergie Atomique), l'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs), la Cogema (entreprise qui gère notamment l'usine de retraitement de La Hague), …

 

 

Dans le tableau ci dessous on trouve le nom, la nature des rayonnements ionisants émis par les déchets nucléaires mais également la capacité de propagation dans l'air et l'organisme :

 

 

Nom

Élément présent dans les déchets nucléaires

Capacité de pénétration dans l’air et l’organisme humain

Alpha

Radium

Uranium

Plutonium

Elle est très faible dans l’air (dans un rayon de 3 cm autour de l'élément) et quasiment nulle dans l’organisme car les rayons sont arrêtés par la peau

Beta

Tritium

Krypton

Il ont une capacité de pénétration importante tant dans l’air (environ 3 m autour de l'élément) ainsi que dans l’organisme (les rayonnements peuvent parvenir jusqu’aux muscles)

 

 

Gama

Presque tous les noyaux d'éléments radioactifs

Le rayonnement Gama est celui qui a la plus grande capacité de pénétration dans l’air (de 150 à 600 m s'il n'y a pas de protection autour de l'élément) il est très pénétrant au niveau de l’organisme et peut entraîner des mutations irréversibles de l'ADN.

 

 

 

Les effets de ces rayonnements sur l’organisme sont très variables en fonction du type d’exposition (courte ou prolongée) mais aussi en fonction de la dose de rayonnement absorbé par l’organisme.

 

Mais l’un des effets possible parmi les plus graves si ce n’est le plus grave est la modification de l'ADN, entraînée par une exposition prolongée a des rayonnements particulièrement forts.

 

Cette mutation est due à la sensibilité de l’ADN aux radiations ionisantes (celle qu'émettent les déchets nucléaires les plus dangereux). Les mutations se créent notamment lors d’un stade important de la production de protéines par l’organisme : la Transcription (c’est lors de cette étape que les deux brins de l’ADN se divisent par rupture des liaisons hydrogène). Les deux brin d’ADN sont alors séparés ils sont alors très vulnérables. C’est également durant cette étape que peut avoir lieu une mutation au niveau d’un des deux brin d’ADN. Ce processus étant très actif chez le foetus et les jeunes enfants, ce sont eux qui courent le plus de risques.

 

Sachant que c’est l’ADN qui sert de matrice à L’ARN m pour la production des différentes protéines nécessaires au fonctionnement de l’organisme, toute mutation au niveau de l’ADN entraîne une modification de l’ARN m qui engendre un changement dans la nature de la protéine produite.

 

 

Lors d'une mutation, deux cas sont envisageables :

 

Le premier cas en vert : il s’agit de celui qui à le moins de conséquence sur l’organisme;

Le deuxième cas en rouge est le plus grave car il a des conséquences qui se  répercutent parfois plusieurs années après la mutation voir même sur les génération futures

                                       

                             (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

 

Après lecture de ce schéma, on constate que la radioactivité des déchet nucléaires peut avoir des conséquences très graves. Si la lésion a lieu dans une cellule somatique, celle-ci peut devenir cancéreuse (parfois plus 30 ans après) ou fonctionner au ralenti. Ce phénomène est appelé effet somatique, il est variable d’une cellule à l’autre en fonction de la vitesse de division des cellules. Il existe aussi un cas particulier, celui des gamètes. Lorsque celles-ci sont touchées, il peut y avoir plusieurs conséquences:

-La stérilité du sujet atteint

-des anomalies congénitales sur la descendance de l’individu

-le développement d’une maladie génétique

 

Ces mutations dues aux rayonnements peuvent atteindre n'importe quelle population à cause la chaîne de contamination vu ci-dessus. Certaines populations sont néanmoins plus exposées que d’autres :

 

-Les populations vivant à proximité des lieux de stockage des déchets nucléaires risques plus que des personnes vivant loin de toute activité en rapport avec la radioactivité ;

-Les personnes qui manipulent ces déchets, quotidiennement ou occasionnellement.

 

 

Quelques exemples d’études :

En 1990 le rapport GARTNER (rapport britannique) fait le lien entre les faibles dose reçues par le personnel d’une société de retraitement de déchets radioactifs et les dommages chromosomiques.  Les mutations génétiques ont par exemple conduit a des fausses couches chez les employées enceintes.

 

En 1999 une étude sur les survivants d’Hiroshima a établi un lien entre les maladies suivantes et le rayonnement :  les maladies cardio-vasculaires ; les attaques cérébrales les maladies digestives et respiratoires ; ... On remarque parfois aussi une atteinte du lieu de synthèse des cellules hépatiques (système hématopoïétique). Il est important de préciser que cette étude était basée sur un suivi des personnes durant 40 ans.

 

 

 

À l'inverse de tout ce que l'on peut lire au dessus, les société qui gèrent (et vivent) du nucléaire affirment qu’il n'existe aucun risque si les déchets nucléaire sont bien gérés. Mais une question (a laquelle il est très difficile d’apporter une réponse) se pose alors : les déchets nucléaires sont-ils bien gérés en France et dans le monde ?

 

Face à ces risques démontrés (en ce qui concerne les mutations en tout cas) ou supposés les instances internationales on commencé à agir dès 1928 en proposant des normes de radioprotection avec un taux de 1 mSV/an  pour la population et 20mSv/an pour les travailleurs du nucléaire. En France, ce taux à été rehaussé à 5mSv/an pour les habitants et 50mSv/an pour les travailleurs du nucléaire.

 

Ces risques ont été d’autant plus difficiles à établir que, comme pour les cancers ou les maladies génétiques, ils n’apparaissent que de nombreuses années après que l’ADN ai été lésé, voir même plusieurs générations après. Il s'emblerait donc que le lobby nucléaire français à eu la priorité sur le "principe de précaution" dont on parle souvent. Ce principe de précaution est souvent évoqué mais il est trop rarement appliqué.